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Itinéraire
d'un militant
De
1940 à 2007, l'engagement militant du Docteur Ahmed MAHSAS, est
marqué par la continuité et l’attachement aux principes fondateurs
du courant révolutionnaire algérien.
Doctrinaire et homme d'action, il incarne le militant type pour qui
la révolution consiste en la fusion permanente du théorique et du
pratique sous-tendus par une remise en cause radicale des paradigmes
imposés par les puissances hégémoniques. En deux mots: un homme
libre!
Originaire de Boudouaou (wilaya de Boumerdes à l'est d'Alger),
Ahmed Mahsas né en 1923, s'intéresse très tôt au sort de
l'Algérie. Il commence à militer dès 1940, au sein de l'organisation
clandestine du Parti du Peuple Algérien (P.P.A) à Boudouaou sa ville
natale,et participa à l’organisation d’une grêve à la Tabacoop (sous
le régime de Vichy) de Boudouaou et fut arrêté pour la première fois
et s’engagea davantage au sein des structures clandestines du P.P.A
à Boudouaou puis, notamment à Belcourt (Alger), en compagnie du
chahid Mohamed belouizdad. Il évolue, alors; au sein des
organisations du Parti du Peuple Algérien (PPA), Comité Jeune
Belcourt (CJB) et le Comité Central Jeune du Grand Alger ( CCJGA).
Plusieurs fois emprisonnés pour activités militantes, il occupe de
hautes responsabilités au sein du (PPA) membre du comité central
(CC) et du Comité d'Organisation (C.O), il participe au travail
d'organisation à l'échelle territoriale et nationale. Il est l’un
des fondateurs de l’organisation spéciale (O.S) dont il est membre à
l'état major national et responsable de la zone Alger sud de l’O.S
(Wilayat 4).
Ayant été appelé à servir sous les drapeaux français en 1944-1945
Ahmed Mahsas refuse
d'intégrer
l'armée coloniale. Il sera arrêté en 1949 pour insoumission et
condamné par le tribunal militaire d'Alger à six mois de prison.
C'est ainsi qu'il sera affecté au bataillon des tirailleurs d'El
Asnam (Chlef). De là, en 1950 précisément, Ahmed Mahsas sera
arrête, cette fois-ci, lors de l'affaire dite " complot" (O.S). Il
s'évadera de la prison de Blida, et prend la défense de l'unité du
parti contre les scissionnistes et préconise le renforcement du
courant révolutionnaire vivant dans la clandestinité en tant que
"permanent " au service de l'organisation du 1946 à 1962 et faisant
partie de l’aile militante radicale, il joua un rôle important au
sein du courant révolutionnaire. Lors de la crise du P.P.A. puis son
éclatement en centralistes" et messalistes" il prône une voie
indépendante des deux camps. En appelant les militants à sauvegarder
leur unité et de se préparer à l'action révolutionnaire, il sera
l'auteur de " l’appel a la raison" déclaration signée par l'ancien dirigeant
de l'Étoile Nord Africaine (ENA) Radjef Belkacem, à quelques mois
de déclenchement de la révolution.
Ahmed Mahsas est le premier responsable à jeter les bases du
Front de Libération Nationale (FLN) en France puis il est délégué
politico-militaire et responsable de la logistique pour les zones de
l'Est algérien et membre du Conseil National de la Révolution
Algérienne (CNRA), il
est
alors représentant officiel de la révolution auprès des autorités
tunisiennes ou il sera à l'origine de la création du premier journal
de la révolution intitulé " Résistance Algérienne" il coordonne et
lance dans la même foulée, une émission périodique sur les ondes de
la radio tunisienne intitulée " la révolution algérienne ".
Intransigeant sur la ligne révolutionnaire telle qu'énoncée
dans la déclaration du 1ere novembre 1954. Ahmed Mahsas,
s'opposera, aux cotés de nombreux dirigeants, moudjahidine et
militants de la révolution, aux déviations idéologiques et
politiques du congrès de la soummam une opposition qui lui vaudra
plusieurs tentatives d'assassinat commanditées par Abane Ramdane et
ses alliés du congrès, notamment, les centralistes. Ces déviations
interviennent, il en est conscient, dans un contexte marqué par le
détournement de l'avion des " quatre" dirigeants de la révolution et
l’agression tripartite contre l'Egypte nassérienne. En vue d'éviter
une guerre fratricide s'il venait à s'opposer frontalement aux
partisans du congrès de la Soummam, il présenta officiellement la
passation de tous ses pouvoirs au responsable désigné par le congrès
de la soummam et il choisit, en 1957 de se retirer en Allemagne
Fédérale ou il sera l’objet de tentatives d'assassinat et victime
d'un grâve " accident de voiture" peu de temps avant l'indépendance.
Il y assume toutefois, des tâches d'organisation et de logistique,
en contact permanent av ec
certaines structures de la révolution.
Ahmed Mahsas est Directeur Général de l'Office National de
l'Agriculture et de la Réforme Agraire en 1963 il met, à cette
époque, en application les décrets de mars qui consacrent le
principe de l'Autogestion en Algérie, Ministre de l'agriculture et
de la réforme agraire de fin 1963 à 1966. Il est membre du Bureau
Politique (B.P) du parti, puis du Conseil de la révolution.
Réfractaire au "pouvoir personnel" et à la
bureaucratisation, il continue d’œuvrer au sein de l'état sous le
régime du président Houari Boumediene, lors de sa prise du pouvoir
le 19 juin 1965. Très vite cependant il se rend compte que les mêmes
pratiques politiques sont reconduites par le nouveau régime. Il
prend volontairement, en 1966 le chemin de l'exil vers la France ;
durant ces années, il reprend ses études en sociologie tout en
poursuivant son action politique
Il
publie dans cette période " Réflexion sur le mouvement d'unité
arabe et ses perspectives (1974) " l'autogestion en Algérie
"(1975). "Algérie démocratie et révolution" (1978).
Diplômé de l'École pratique des hautes
Études et Docteur en
sociologie en 1978 a la Sorbonne, il publie, chez Harmattan, sa
thèse intitulée " le mouvement révolutionnaire en Algérie de la
première guerre mondiale à 1954".
Parallèlement à ses activités éditoriales et idéologiques
Ahmed Mahsas participe à plusieurs initiatives politiques dont
la fondation et l'animation du rassemblement unifié des
révolutionnaires (R.U.R), notamment, en compagnie du Chahid Mohamed
Boudia, du défunt Mohamed Benmansour, etc. Dans ce cadre il initie
une action fondamentale de solidarité avec le peuple palestinien.
En
1977, il crée avec Tahar Z'biri et le regretté Ahmed Kaid. Le
rassemblement n ational
pour la démocratie et la révolution (RNDR)
Après l'arrivée au pouvoir du président, Chadli Bendjdid, il regagne
le pays où il sera mis d’office en retraite et employé à l'ENAL en
1981 en qualité de conseiller technique. En 1989, il revient sur la
scène politique en créant son parti, l'union des forces
démocratiques (U.F.D). Défendant une ligne populaire et
démocratique. Il œuvre à former une nouvelle élite militante.
L'aggravation de la crise politique en Algérie et la
répression de toutes les forces nationales ont fini par marginaliser
son jeune parti du champ politique national.
En dépit de
ces restrictions, le Docteur Mahsas restera actif en influant sur la
scène politique à travers la quelle il prône, avec constance, le
renouveau national dans une perspective, résolument, arabo
musulmane.
Le
Docteur Ahmed Mahsas est aujourd’hui, membre du conseil de la
nation. |